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 Tinariwen

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ju
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MessageSujet: Tinariwen   Mer 19 Mai - 18:37

Je sors d'un de mes partiels, et j'ai envie d'écrire un petit "article" sur un groupe très particulier. Mon Maître de Conf nous a passé au début d'une des séances de séminaire un film: "Teshumara, les guitares de la rébellion Touareg" de Jérémie Reichenbach, 2006 (58 min). D'après une enquête de N. Belalimat.



Un point sur la façon dont le groupe s'est formé, et le contexte: Nous nous trouvons entre le Mali et le Niger, en 1963 : les Kel Adagh (un peuple touareg) s'opposent au rattachement avec le Mali. L'armée réagit violemment à cette rébellion en massacrant des civils (Vieux et nouveaux-nés), du bétail... Les Kel Adaghs fuient alors en Algérie (tout proche), avec une génération d'orphelins.

En 1970, à cause d'une conjonction de facteurs économiques, politiques et climatiques, une nouvelle vague de migration a lieu.
L'économie pastorale est en déclin total : c'est la crise, et du coup des bidonvilles vont se créer.
Peu à peu, toute cette histoire va prendre une tournure de militance et d'engagement : les générations de l'exil vont élaborer un critique politique radicale = Tanakra.

Qu'est-ce qu'ils veulent? La libération du Niger et du Mali (conflit armé) et ont un projet politique d'auto-détermination.
En 1980, Khadafi tend une main intéressée à ces "Ishumar" = chômeurs.
Leur mouvement de contestation s'intensifie et se structure, ils vont
s'installer en Lybie. Les jeunes chômeurs deviennent des apprentis soldats et sont formés au combat.


L'œuvre musicale touarègue : cette façon de faire de la musique est particulière parce que les chanteurs ne chantent qu'en vers. A la base il y avait les femmes qui géraient la partie instrumentale (avec la vièle monocorde, le tambour), et les hommes le chant.
Ce groupe modifie cet ordre : les hommes font toujours de la poésie chantée, mais ils assurent aussi l'instrumentalisation, ils utilisent désormais des guitares électriques (en plein désert, oui oui!)

Mais qu'est-ce qu'ils disent? Oui je vous l'accorde, dur-dur de comprendre le Tadraght alors que cette langue n'est utilisée et comprise que par les exilés Touaregs!
A la base les Tinariwen chantaient pour leurs pairs, les-leurs. Par leurs chansons ils mobilisaient à la rébellion et ils encourageaient les hommes dans la recherche de travail.
Ils faisaient des fêtes le soir, seule façon de s'échapper de toute cette tension quotidienne, et durant ces moments ils ont été enregistré (en amateur hein!!) sur des postes radio-cassette.
Après la fin des années 80, Khadafi retire son aide, là c'est le clash, la goutte d'eau qui fait déborder le vase: tout se disloque, certains membres du groupe Tinariwen deviennent soldats...et ça a influencé grandement leurs textes : ils parlent énormément de la Tanakra (la mobilisation politique), leurs cassettes circulent et le public s'agrandit.

Leurs chants résonnaient comme l'écho d'un peuple sans voix. Ils transféraient le poids du vécu quotidien et de la tension sur des fêtes. La peine devenait plus légère, et l'émotion remplissait son rôle libérateur.
Au début, à travers leurs chansons ils voulaient secouer leurs frères, depuis 1991 (premières négociations), leurs chansons ont des paroles plus philosophiques : le rôle de dénonciateur devient celui de médiateur.


Place au "chant des fauves":

Une vidéo avec quelques commentaires, apportant plus ample information sur le leader du groupe : Abraybone